LA ROUTE (1963)

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LA ROUTE (1963)

Message  Admin le Mar 3 Jan - 19:08

Une saison - Diffusion sur l’ORTF à partir de décembre 1963.

Cette série est tirée du roman de Albert Aycard et a été réalisée par Pierre Cardinal. Elle évoque le monde des routiers de l’époque, un temps révolu, où nous découvrons par exemple les halles de Paris (qui n’étaient pas à Rungis) et la nationale 7 en lieu et place des autoroutes d’aujourd’hui.

Série/feuilleton, « La Route » nous permet de regarder des épisodes sans forcément avoir vu les précédents. Aujourd’hui, la série serait hautement politiquement incorrecte : dans chaque épisode, les routiers s’arrêtent dans des relais et lèvent leurs verres de vin (Pas d’alcootest) à l’époque. Ils fument aussi abondamment.

Le monde des routiers n’est pas montré comme solidaire à priori (C’est chacun pour soi). Un syndicaliste, le seul parmi eux, prêche dans le désert. Mais les routiers font front contre les affréteurs qui font la pluie et le beau temps. Le plus influent d’entre eux , Daumas (Michel De Ré), est présenté comme le « s alaud » de la série.

Singularité de la série : les personnages sont appelés soient par leur nom de famille, soit par leur prénom, les épouses interpellant leur mari par leur nom de famille. Il en va ainsi de Mathieu (René Dary) et de Dupuy (Jean Gaven). Pour leurs épouses, nous connaissons noms et prénoms – c’est l’exception - Françoise Mathieu (Jacqueline Corot) et Mireille Dupuy (Catherine Sola).

Catherine Sola, qui tourne toujours, ne semble pas interpréter un rôle. Marseillaise avec un accent à couper au couteau, on dirait qu’elle improvise ses dialogues et qu’elle parle comme dans la vraie vie.

Les autres, René Dary (vu dans « Belphégor » en commissaire Ménardier), Jean Gaven(« Maurin des Maures », « L’été meurtrier ») et Jacqueline Corot qui incarne Françoise Mathieu, une fille de 25 ans qui a épousé un homme de 50, tout comme Michel De Ré et Etienne Bierry (Beauvais, un routier alcoolique) font preuve de ce que l’on peut attendre d’un acteur. Catherine Sola réussit l’exercice périlleux de ne jamais sombrer dans l’amateurisme ou le ridicule en jouant « naturel ».

Les personnages sont en place et la série peut commencer. Elle va mêler drames et joies. Nous verrons l’opposition des routiers à la SNCF, leur joie lorsqu’il y a une grève et la façon dont ils font « monter les prix » de leur transport dans ces cas-là.

La série fut diffusée au Canada et a laissé un souvenir inscrit dans le marbre chez les routiers qui l’ont vu en 1963. L’INA déclarait ne pas retrouver le programme. Un ex routier téléphile, Edmond Barbaro, mena une campagne (avec des camarades de sa corporation) pendant six ans, réussissant à retrouver la trace de la série au Canada, pour obtenir que l’INA, puis KOBA Films Vidéo, éditent cette série. Grâce lui en soit rendu car cela a permis de redécouvrir une série en avance sur son temps pour la réalisation de Pierre Cardinal, et captivante.

Le lobby des routiers, ou plutôt des routiers retraités, a fait le forcing auprès de diverses instances (L'INA, Koba films vidéo, etc) pour obtenir l'édition en DVD d'une série sur les routiers: "La route" (1963) avec Jean Gaven et René Dary.

C'est un certain Edmond Barbaro, qui voulait absolument revoir cette série, qui a mené une croisade déjà pour que l'on retrouve le négatif de la série.

L'INA ne le retrouvant pas, il s'est adressé à un site canadien sur les routiers (La série a été en son temps diffusée au Canada) et à force de persévérance, retrouvé la trace du film.

Au terme de six ans de démarches, Edmond Barbaro, rassemblant les souhaits d'anciens routiers, a obtenu la mise en ligne de "La route" sur l'INA, qui l'a d'abord vendu à un prix prohibitif : 80 euros pour 15 épisodes.

Ce qui est assez extraordinaire est le fait que Nicolas Velle de Koba Films Vidéo, a fini par accepter d'éditer la série pour le grand public.

01-01 Premier épisode ♠♠♠♠

Les premières images de « La route » nous montrent les phares d’un camion la nuit, près d’un panneau indiquant Sens.

D’emblée, des deux chauffeurs, Mathieu (le patron) et Dupuy (L’employé), c’est le comédien René Dary (1905-1974), dans le rôle de Mathieu, qui par sa gouaille attire notre attention. René Dary a joué dans « Touchez pas au grisbi » avec Jean Gabin, et si « La route » est injustement tombée dans l’oubli, il deviendra en 1965 le policier qui enquête au Louvre sur « Belphégor ».

Le jeu de Jean Gaven (Dupuy) est plus sobre. Les comparses rencontrent des chauffeurs qui font le trajet en sens inverse, Marius (Albert Rémy) et Combès (Yves Gabrielli). Les quatre routiers décident de s’arrêter chez Corneille, un relais routier. Corneille est aussi le nom du patron, joué par Alexandre Rignaud (Robert de Clermont, le seigneur à l’esprit dérangé dans « Les Rois maudits » de Claude Barma).

Mathieu s’éclipse et va téléphoner à sa femme, plus jeune que lui de 25 ans, et nous comprenons que cet homme est tiraillé entre l’amour pour sa femme et la passion pour son métier. Il se prend d’ailleurs de sérieuses réprimandes au téléphone.

Si le second convoi se dirige vers Marseille, celui de Mathieu arrive à Paris, occasion de redécouvrir les halles telles qu’elles étaient avant 1969. Tout ce monde picaresque a disparu, et la série sert de témoin de son époque.

Mathieu , qui prend comme taxi, une Ford Taunus, achète des huitres pour faire plaisir à Françoise sa femme, tandis que Dupuy dont l’épouse est à Marseille se propose pour aller décharger le camion aux halles. Les amateurs d’automobiles anciennes sont gâtés avec les scènes de circulation qui nous remettent en mémoire tous les véhicules de l’époque, 4cv Renault, Les Aronde, Dauphine, Peugeot 403 berline (Pas de « coupé » à la Columbo), sans parler des 2cv. Les camions semblent sortis de la seconde guerre mondiale tant ils font « vétustes », jusqu’à l’arrivée du camion moderne que s’achètera Dupuy au cours de la série.

Dans ce pilote, nous sommes familiarisés avec ce milieu des routiers du début des années 60, ses codes, ses lois, ses règles non écrites, son langage : on apprend ainsi que « dépoter » signifie en argot routier « décharger un camion ».

Les routiers dépendent des affréteurs, mais au lieu de constituer une corporation « ouvrière », chacun rêve de s’acheter un camion et de devenir son propre patron.

La caméra de Pierre Cardinal est étonnamment dynamique et « moderne » pour une série de l’époque. De plus, la copie qui est vendue en DVD n’a pas pris une ride, à la différence d’autres séries et téléfilms parfois plus récents que l’on peut voir sur le site de l’INA.

Un bon début : on attend la suite avec impatience, en se demandant pourquoi diable la télévision n’a jamais rediffusé cette série !


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